08.08.2009

C'est fini...

Et voilà. C'est la fin de mon séjour en Argentine. Demain je prends l'avion direction Genève. 

Il faudra que je me réhabitue à certaines choses. Par exemple, je n'aurai plus besoin de me préoccuper pour la monnaie, en Suisse il y en a assez. Ici, c'est tout le contraire: tout le monde se bat pour pouvoir en avoir assez pour prendre le bus. Dans certains endroits, ils doivent même rendre trop parce qu'ils n'en ont plus.

Ou encore, ici la plupart des rues sont à sens unique, donc il suffit de regarder que d'un seul côté avant traverser. Il faudra que je fasse attention à bien regarder des deux côtés. Mais de toute façon, les piétons sont beaucoup plus respectés en Suisse.

Je ne pourrai plus arriver une demi-heure en retard sans que personne s'énèrve, ni vite aller acheter quelque chose à manger avant que les magasins ferment, à 22.00.

D'une part je laisse derrière moi pleins de choses que j'aime: mon amoureux (de la catégorie 4); les publicités délirantes de la télévision argentine; les "goooooooooooooooool" des commentateurs sportifs pour célébrer un but d'une équipe; les 500 grammes de viande servi avec seulement de la salade, parce que rien d'autre n'a de la place dans l'estomac; les dimanches après-midi moches et froids passés devant les Simpsons; les soirées entre amis organisées à la toute dernière minute; le "cortado" servi avec un petit verre d'eau gazeuse, un autre de jus d'orange, deux petits biscuits par un vieux serveur dans un vieux café; l'avenue de Mayo, où il fait bon marcher pour sentir le bourdonnement de cette ville immense; le maté, cette boisson "bizarre" et amer qui se boit entre amis, à chacun son tour et tous de la même "paille" (bombilla), quoi que maintenant c'est moins populaire, à cause de la grippe A; le vin argentin vendu à des prix défiant toute concurrence; et j'en passe.

D'autre part, je me rends très bien compte que je rentre dans mon pays, où j'ai grandi, où j'ai ma famille et la plupart de mes amis. Je retrouve la stabilité politique, la fiabilité et la ponctualité. Je suis consciente de la grande différence qu'il y a entre la Suisse et l'Argentine.

Chaque fois c'est la même chose: je me réjouis, et je suis triste.

J'ai beaucoup aimé écrire ce blog, mais surtout lire vos commentaires, drôles et instructifs. Merci.

Une dernière chose: allez visiter Buenos Aires, ça en vaut vraiment la peine.

02.08.2009

La crise et ses conséquences.

Après avoir parlé des élections législative et de la grippe A, la crise économique est revenue. Elle fait de nouveau la une des journaux, pour rappeler, d'une part, que tout n'est pas encore totalement en ordre, et d'autre part parce que tout le monde en a  marre de cette grippe et a envie de se "changer les idées".

La majorité des titres ne sont pas très réjouissant, à part un, que j'ai trouvé dans "La nación", le journal national. Il s'intitule: "Grâce à la crise, économiser devient cool, et génère des affaires". C'est un article très intéressant qui aide à voir le côté positif de cette crise. 

Il commence par expliquer comment les argentins vivent la crise: "seulement" 39% considèrent que c'est la pire situation économique qu'ils aient vécu (contre 69% des habitants des USA), 85% sont plus touchés par l'inflation que par la crise, 50% des habitants de l'Argentine pensent que le pire de la crise reste à venir, mais surtout 85% vont dépenser moins les mois que viennent.

Kleiman Sygnos, de GfK, a fait une enquète sur la nouvelle tendance "économiser est cool" et les résultats sont les suivants: un 37% a réduitles sorties aux restaurants, en augmentant l'utilisation des deliverys.

Les argentins économisent aussi sur les vêtements (30%). Les conséquences sont une proliférations d'outlets dans les quartiers chics de Buenos Aires (ce n'est plus une "honte" d'y aller acheter ses habits), une augmentation des ventes par internet (meilleur marché, et ça évite d'être tenté par autre chose) et la créations d'une nouvelle tendance, qui existe déjà aux USA et au Chili, les swap parties. C'est une "fête pour échanger les habits", genre réunions Tupperware: des amis se réunissent pour échanger les habits qu'ils n'utilisent plus (et pas n'importe quels, il s'agit de vêtements de marque en général).

Ou encore, un 26% a décidé de sortir moins souvent (en bars, au cinéma, ou autre). Mais comme l'envie de s'amuser reste la même, l'enquètrice a observé une augmentation des ventes de consoles de jeux, et de jeux traditionnels (juegos de mesa).

Dans la même tendance "je reste à la maison", 24% économise sur les vacances, mais dans ce cas il n'y a pas de conséquence "heureuse".

A côté de "économiser est cool", la tendance "do it yourself" a aussi trouvé des adeptes. La direction générale de la promotion de la culture à Buenos Aires (Dirección General de Promoción Cultural) met a disposition, gratuitement, depuis un certains temps des cours et ateliers de tout types. Dernièrement, elle a observé une augmentation de leur fréquentation d'environ 60%. Parallèlement, les couturiers et les cordonniers ont plus de travail.

Ce n'est pas tout, la crise a aussi un effet positif sur l'écologie: 59% a décidé d'économiser sur l'electricité en achetant des ampoules "écolos" et en éteignant la lumière, et 46% a réduit la consommation  d'eau.

Je conclurai cette petite note par une citation: no hay mal que por bien no venga.

 

30.07.2009

La mosaïque Buenos Aires

L'être humain aime être entouré des siens, d'une part au sens familial, mais aussi au sens culturel. Il aime être entouré de choses qu'il connaît. Et ce, de part le monde. Dans chaque ville, il y a une "Chinatown", un quartier italien, éthiopien. C'est normal. 

Cette tendance se retrouve aussi à Buenos Aires. Il y a un quartier chinois, un autre coréen, les juifs se sont regroupés au centre, et les arméniens un nord-ouest de la ville. Aussi, personne ne s'étonnera de trouver un centre des affaires. Mais il y a quelque chose de plus, et que je ne retrouve pas à Lausanne (et que je trouve assez fascinant): les vendeurs "de" ..., eux aussi, se regroupent. Je l'ai remarqué en prenant le bus. Aujourd'hui, par exemple, je suis passée de la rue des bijouteries à celle des magasins d'instruments de musique, pour ensuite déboucher dans celle des vendeurs d'appareils Hi-Fi. Il y a aussi un mini-quartier de vendeurs de chaussures en cuire, un autre de magasin de cuire (porte-monnaies, ceintures, sacs, vestes, tout sauf des chaussures). Logiquement, les restaurants péruviens se trouvent (presque) tous au même endroit, comme les bars, ou les restaurants, d'un certain standard. Et, oui, Corrientes est la rue des librairies, où l'on peut obtenir presque chaque livre écrit non seulement en espagnol, mais aussi en français ou en anglais.

Par contre, les supermarchés "normaux", par opposition aux "chinois" (de propiétaires chinois parlant presque pas espagnol) qui eux aussi se réunissent, et les kiosques sont bien répartis. Il y en a partout, mais ils ne sont pas tous ensemble. 

La question que je me pose est comment ça se passe du point de vue concurrence? Est-ce que les magasins qui se trouvent au centre du mini-quartier vendent moins que ceux qui sont au bord? Ou, alors, au contraire, est-ce une stratégie pour avoir, tous, un bénéfice plus élevé que s'ils ne se regrouperaient pas?

Ensuite, est-ce une tendance de grande ville, qui se retrouverai alors tant à New-York qu'à Mexico et Moscou? Ou est-ce une attitude "porteña"?

Au final, on se retrouve dans une ville-mosaïque, ou tout le monde se côtoie, mais ne se mélange pas vraiment. Je crois que l'environnement urbain (du moins celui de Buenos Aires) provoque une certaine peur, ou angoisse chez l'homme. C'est tellement grand (et ça peut devenir oppréssant) que c'est plus une nécesité qu'un voeux de se retrouver entre les siens.